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Je me censure de moi

Daniel Roy
Éditions Scions, 2003, 289 pages.


 

TOUGH LOVE
Tough rough love

Road goes
Words burn
Love is on my life goes on
Love in hell
Paradise parasol of love love love
Please please love at the border
Please love
Just want cross the street
Land   the country code
Borderlove
Please love just wants sleep safely
O love O love
My love
My street love
Please let me be   be  be  be
Where you love?
On me
On you
On us
Love


 

 

PRÉFACE

 

J’aime Daniel Roy, j’aime sa fragilité, son air à être ou ne pas être, j’aime sa poésie. En décembre dernier, nous nous rencontrons par hasard entre les jambons, les légumes et les produits congelés du Club Price, et nous parlons de poésie. Merveilleuse ambiance pour qui a horreur des chandelles et du patchouli. Et c’est cette proximité du réel et du songe qui me plaît chez lui. Au commencement / Que ton œil / Soit un kodak. S’accaparer du réel brut, des choses les plus immédiates, les plus anodines, les plus apoétiques : Voir / Pour mieux entendre. La poésie part de cet enracinement dans le moment présent. Alors seulement on peut en parler :


 

On la déchire-tu ou bedon on la mange la poésie

Ça serait l’fun qu’elle sorte de ta bouche

Comme un oiseau


 

Comme il y a belle lurette que nous ne nous étions pas vus, j’apprends qu’il a perdu tous ses manuscrits et les exemplaires non vendus de ses recueils dans un incendie le 31 décembre 2000. On a souvent parlé de l’acharnement de Daniel Roy à poursuivre son expérience poétique contre vents et marées. Ici, plus d’un aurait abandonné la partie. Pas lui. Le livre qu’il présente aujourd’hui en est la preuve.


En 1976, paraissait le premier recueil de Daniel Roy, Bodedandoeil, déjà marqué du sceau du jeu, de l’improvisation et d’une quelconque impertinence à l’endroit de la poésie officielle. Novembre 2001, parution du dernier recueil. Entre les deux, une douzaine de recueils. Quel itinéraire! Pour qui s’intéresse à la poésie d’aujourd’hui, c’est déjà exceptionnel de constater cette poursuite opiniâtre d’une quête poétique dans un milieu qui, il faut bien le reconnaître, n’est pas toujours prodigue d’encouragements. Le présent livre, Je me censure de moi, marque un temps d’arrêt, un retour sur le chemin parcouru. Il rassemble quelque deux cents poèmes qui jalonnent cette aventure avec les mots.


Des premiers recueils, je pense à Daniel Roy, l’irréductible, le mauvais garnement, le bum. Il s’entête à publier à droit d’auteur, maintient la défense de l’écrivain envers et contre tous. La seule issue pour les poètes qui se font rejeter par les Zéditeurs, est de publier à compte d’auteur. Solitaire, il refuse de se mouler dans le cadre trop étroit de la «littérature». La peauésie ne veut plus dormir dans les LITTES Intellectuels. Anarchiste ? Non, enfant, iconoclaste.


Les mots de Daniel Roy ne sortent pas d’un autre texte, d’une tradition ou d’une école littéraire. Ils sortent du quotidien le plus prosaïque que vient ensuite ébranler le jeu. Pas de poésie sans plaisir. Petits poèmes éclatants, recueils courts, chaque fois c’est une invitation non pas à s’évader du réel mais plutôt à s’y introduire par la clef des songes, un peu comme si Alice vous entraînait dans sa merveille en vous prenant la main. Le texte défile sous les yeux avec une apparente simplicité. Le miroir est limpide, si clair qu’il semble tout donner d’un seul coup. On s’y glisse facilement, puis tout éclate, se disperse et chaque morceau du texte s’imbrique selon un nouvel ordre. Inutile de chercher à comprendre, à réduire le sens à une seule dimension : il faut s’amuser.


 

Je suis tombé du haut de l'échelle de quatorze pieds

En cueillant des cerises dans l'Okanagan vallée


 

Chacun des vers de ce poème est une porte que le lecteur peut ouvrir à sa guise. Quelle échelle ? Quel fruit ? Quelle vallée ? Quelle chute ? L'investissement ludique du lecteur permet seul de faire fonctionner le texte. Les pôles écriture / lecture font appel moins à une question de mots que de passage, d’échange pour créer le lien imaginaire, le lien trafiqué entre le sujet et l’objet qui dépasse l’entendement.


«Écrire pour se retraduire intimement ; se libérer du poids des affres de l’existence, sortir de l’isolement. Se conter des histoires d’art, se lier d’amour, déranger le quotidien. L’écorchure imperceptible entre les mots et le dessin nous ramène à l’incertitude permanente.»

François Rousseau, 8 mars 2003

 

 


Poète de l'enfance | de l'errance

 

Daniel Roy l’a déjà dit : «Nul n’est poète en son pays», ce qui est encore plus vrai dans un Québec oublieux de nature.

Poète de l’enfance, de l’errance et du doux désordre, Roy lançait il y a un peu plus d’un an Je me censure de moi (Scions), une anthologie de ses poèmes de 1976 à 2001 qui démontre qu’il est une voix incontournable d’ici. La poésie fait rarement grand bruit, mais elle dérange quand même parce qu’elle dit l’essentiel :

 

«L’amour c’est une drogue / Un bouledozer qui se dose / De mort fine»

(Goût doux goût doux)

 

Denis Dufresne, La Tribune, 24 décembre 2005


 

 

«SUAVE AMOUREUX DÉSABUSÉ DÉSESPÉRÉ»

 Stéphanie Clerc, Université d'Avignon

 

 

 «Une anthologie qui fait du bien»

 Élise Giguère, VOIR, 22 janvier 2004

 

 

«Une poésie qui nous interpelle dont le contenu se savoure comme on écoute un bon Jazz

ou un Blues exceptionnel. Il y a chez lui un côté Julien Sorel, héros d’un roman de Stendhal,

pour qui la quête d’amour est sans compromis.»

 

Jean Chenay, janvier 2004

 

 

Daniel Roy garde l’œil ouvert sur la planète

Je me censure de moi vous fera voyager sur un quart de siècle

Laissez-vous-y transporter par le plaisir des mots



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ISBN : 978-2-89327-023-4

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